La RSE : un levier de compétitivité pour les entreprises

La RSE : un levier de compétitivité pour les entreprises

Thomas Bonte : Spécialiste - Analyste Scoring chez Creditsafe

7 Mins

Le contexte économique et social, ainsi que la tension existante au niveau climatique et écologique, accélèrent très sensiblement la transition vers l’application des principes qui régissent aujourd’hui la responsabilité sociale et environnementale. Sont concernés, non plus seulement les grandes et moyennes entreprises, mais aussi la majorité du tissu économique composé de PME. Au-delà d’être un facteur subit et imposé, la RSE peut et doit devenir un facteur permettant à une entreprise d’aller au-delà d’une simple logique de croissance financière. La RSE permet aux entreprises de mettre en avant leur aspect bénéfique et vertueux pour tous. 

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Un cadre législatif

Il s’agit aujourd’hui, à l’ère de la digitalisation et de l’environnementalisme, de passer à un stade supérieur dans les relations qu’une entreprise entretient avec l’ensemble du tissu économique, social et écologique qui l’entoure. Depuis l’été 2020, les pouvoirs publics ont d’ailleurs pris le sujet à bras le corps pour faciliter l’accompagnement de la majorité du tissu entrepreneurial français. Cet enjeu s’étend également en dehors de l’hexagone. Bruxelles travaille sérieusement sur une taxation et des dispositifs basés sur la RSE à l’échelle des entreprises. Cette logique fait suite à l’entrée en vigueur de la loi PACTE du 22 Mai 2019 visant à faire entrer légalement la considération des enjeux sociaux et environnementaux dans l’objet social même des entreprises.

Le contexte légal et réglementaire est le reflet de cette tendance émanant de la politique et donc des « affaires de la cité ». Ce contexte a d’abord visé les entreprises les plus importantes en raison de leur taille qui joue littéralement sur leur impact économique, social, et environnemental. Parmi ces dispositifs amenés à s’élargir, on retrouve le bilan des émissions à effet de serre ou encore la déclaration de performances extra-financières. Le seuil est aujourd’hui applicable aux entreprises de plus de 500 salariés ayant un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros pour les entreprises côtées et de 100 millions d'euros pour les entreprises non côtées.

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Une nécessité bénéfique

Cette tendance en « lame de fond » agit aussi sur le secteur de la Finance. Les investisseurs et les financeurs sont de plus en plus attentifs à ces critères extra-financiers et notamment environnementaux. L’enjeu est là aussi de justifier de choix « verts » et vertueux pour leurs investissements. Mais à l’inverse, les entreprises exigent aussi désormais que les crédits effectués respectent les objectifs RSE.

Cette dimension politique, légale et financière étant fortement active, cette dernière ne pouvait que venir s’insérer dans les relations entre entreprises pour qu’elles puissent justifier de leurs bonnes pratiques et relations. La dimension acheteurs / fournisseurs est donc bien évidement concernée par ces enjeux d’un nouveau type dans leur application mais pas dans leur nécessité. La RSE a déjà été « contrainte » par le respect de la réglementation et du cadre légal applicable via la Loi Sapin 2, la RGPD ou encore le devoir de vigilance imputable aux entreprises à de multiples niveaux notamment lorsqu’elles sont considérées comme « donneuses d’ordres ». Ces dimensions propres à l’entreprise ne peuvent par ailleurs que concourir à son attractivité économique, mais aussi du point de vue des ressources humaines avec notamment des générations de plus en plus sensibles et concernées par ces enjeux. 

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Une mise en place challegeante

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises cherchent à appréhender ces notions et savoir comment mettre en place les bonnes pratiques. La réalité est que les labels et les références en matière de RSE (ISO 26000, ISO 14001, ISO 45001, ISO 50001…) doivent trouver une application sur l’ensemble du modèle d’affaires. Les acteurs destinés à apporter des informations dans ces domaines (visant à remplir les obligations de moyens) et les conseillers (visant à orienter les démarches) sont précieux. Mais il s’agit avant tout pour les entreprises d’agir avec pragmatisme sur tous les plans concernant la vie de l’entreprise en gardant cette logique de virtuosité et bienveillance : bien-être salarial, conformité, respect de la parité, équilibre dans la pyramide des âges, RGPD, gestion de l’énergie et des déchets de l’entreprise, ouverture sociale, transparence fiscale… Ce sont autant de sujets déjà au cœur des préoccupations.

Les domaines pouvant être mis en place dans la conduite de l’entreprise, peuvent faire l’objet de décisions et d’orientation aussi bien sur le management que l’offre. Cela peut aussi orienter les perspectives et les transformations à opérer pour adhérer au monde de demain. Ces changements concourent à l’image positive de l’entreprise au-delà de la simple logique de performance financière. « Soyez responsables » reste le principal message, ce qui implique une démarche active dépassant le cadre de la coercition légale.  Loin d’être une contrainte, la RSE et l’ensemble des éléments extra-financiers constituent une plus-value pour l’entreprise, symbole de sa virtuosité et de son impact bénéfique pour le tissu économique et social. Cette démarche inclue une dynamique globale qui protège aussi l’entreprise des risques internes et externes. 

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