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Faillites en Belgique : chiffres, causes, conséquences et risques

La faillite est une procédure judiciaire qui concerne les entreprises qui ne sont durablement plus en mesure de payer leurs dettes et dont le crédit est ébranlé. Elle constitue généralement l'aboutissement d'une période durant laquelle des difficultés financières, économiques ou autres se sont accumulées.

Les études sur les faillites ont été rédigées en néerlandais, mais la plupart des graphiques sont repris dans les deux langues nationales.

Notre dernière étude sur les faillites date du 02-112026. Consultez également nos archives qui rassemblent tous nos baromètres mensuels des faillites.

Sur cette page, vous découvrirez ce que signifie précisément une faillite et comment se déroule la procédure en Belgique. Vous y trouverez également des chiffres actuels et historiques sur les faillites en Belgique, leurs principales causes ainsi que les signaux d'alerte potentiels. Nous examinons également les conséquences pour les clients et les fournisseurs et vous expliquons comment mieux évaluer le risque de faillite des entreprises.

Qu’est-ce qu’une faillite ?

Une entreprise qui éprouve temporairement des difficultés à payer certaines factures n’est pas pour autant en faillite. Pour pouvoir être déclarée en faillite en Belgique, trois conditions légales doivent être remplies simultanément :

  • Il doit s’agir d’une entreprise au sens du Livre XX du Code de droit économique. Cela comprend notamment les personnes physiques qui exercent une activité professionnelle à titre indépendant, les personnes morales et certaines organisations dépourvues de personnalité juridique.
  • La cessation persistante de paiement : l’entreprise n’est structurellement plus en mesure de payer ses dettes exigibles. Il ne s’agit donc pas d’un simple problème temporaire de liquidités ou d’un défaut de paiement ponctuel.
  • La perte de crédit (également appelée ébranlement du crédit) : la confiance des créanciers dans l’entreprise est ébranlée. Celle-ci peut, par exemple, ne plus être en mesure d’obtenir de nouveaux crédits ou de bénéficier de délais de paiement de la part de ses créanciers.

Lorsqu’une entreprise est déclarée en faillite, un(e) curateur/-trice est désigné(e) pour gérer la faillite. Il dresse notamment l’inventaire des actifs et des dettes et réalise les actifs lorsque cela s’avère nécessaire. Le produit disponible est ensuite réparti entre les créanciers conformément aux règles légales.

Comment le nombre de faillites évolue-t-il en Belgique ?

L’évolution du nombre de faillites en Belgique est loin d’être linéaire. Les crises économiques, les mesures prises par les pouvoirs publics, les modifications législatives et la manière dont les tribunaux de l’entreprise interviennent ont tous influencé, au fil des années, le nombre de faillites prononcées.

Évolution du nombre de faillites en Belgique, 2001-2025

Les faillites en Belgique 2001-2025

De la crise financière à l’année record de 2013

La crise financière et économique qui a débuté en 2008 a marqué les statistiques belges des faillites pendant plusieurs années. Après une première récession, l’Europe a connu un nouveau recul économique. Cette crise dite « à double creux » (double-dip) a maintenu la pression sur les entreprises pendant une période prolongée.

Cette évolution se reflète également dans les chiffres des faillites. En 2013, la Belgique a atteint un pic historique. Le nombre de faillites a ensuite diminué, avant d’entrer dans une période de stabilisation progressive.

La période du coronavirus marque une rupture de tendance exceptionnelle

En 2020 et 2021, la situation a complètement changé. Malgré le lourd impact économique de la pandémie de coronavirus, le nombre de faillites a fortement diminué.

Cela ne signifiait évidemment pas que les entreprises étaient soudainement en meilleure santé financière. Durant la crise sanitaire, les pouvoirs publics ont mis en place plusieurs mesures exceptionnelles de soutien et de protection. Pendant certaines périodes, un moratoire a notamment protégé les entreprises durement touchées par la crise du coronavirus contre les demandes de mise en faillite introduites par leurs créanciers.

Dans de nombreux cas, des faillites ont ainsi été reportées ou évitées. Les chiffres de 2020 et 2021 constituent dès lors une nette rupture de tendance et sont difficilement comparables directement avec ceux d’années économiques normales.

À partir de 2022, une normalisation s’amorce

Après la suppression progressive des mesures liées au coronavirus, le nombre de faillites a de nouveau augmenté. Cette hausse peut en partie être considérée comme une normalisation après les chiffres exceptionnellement bas enregistrés pendant la pandémie.

Cette tendance s’est poursuivie au cours des années suivantes. En 2025, le nombre de faillites a de nouveau atteint des niveaux très élevés. Ces chiffres doivent toutefois être quelque peu nuancés.

Nuancer les chiffres des faillites

Des chiffres de faillites élevés en valeur absolue ne signifient pas automatiquement que les entreprises font aujourd’hui structurellement plus souvent faillite qu’auparavant. La taille et la composition de la population des entreprises, la conjoncture économique ainsi que les évolutions de la législation et des pratiques des tribunaux jouent également un rôle.

Par ailleurs, toutes les entreprises confrontées à de graves difficultés financières ou structurelles ne finissent pas nécessairement en faillite. Ces dernières années, plusieurs tribunaux de l’entreprise recourent de plus en plus à la dissolution judiciaire pour faire disparaître du tissu économique certaines entreprises insolvables dépourvues d’actifs.

Les chiffres des faillites restent un indicateur important de la santé du tissu économique belge, mais ils ne donnent pas à eux seuls une image complète du nombre d’entreprises qui disparaissent à la suite de graves difficultés dans le cadre d’une procédure judiciaire. Une hausse limitée du nombre de faillites peut, autrement dit, s’accompagner d’une augmentation beaucoup plus importante du nombre de dissolutions judiciaires.

Pour évaluer correctement l’évolution des entreprises en difficulté, il convient donc de tenir compte non seulement des chiffres des faillites, mais aussi de l’évolution des dissolutions judiciaires.

Faillites en 2026 : la situation actuelle

La pression reste élevée en 2026. Au cours des dix premiers mois de l’année, 9.735 entreprises ont été déclarées en faillite en Belgique. Cela représente une hausse de 2,26 % par rapport à la même période en 2025.

Les différences régionales sont importantes. Après dix mois, la Flandre comptabilise 5.718 faillites, soit une hausse de 5,95 % et un nouveau record. Bruxelles enregistre 1.696 faillites, soit 3,85 % moins qu’un an auparavant. Avec 2.090 faillites, la Wallonie affiche également une tendance à la baisse (-2,25 %).

Comment les faillites évoluent-elles en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie ?

Les chiffres belges masquent d’importantes différences régionales. Le tableau ci-dessous présente, pour la Flandre, Bruxelles et la Wallonie, les chiffres complets des faillites de 2020 à 2025. Pour 2026, nous présentons les chiffres cumulés les plus récents et les comparons à ceux de la même période en 2025.

Dernière mise à jour : 2ième novembre 2026

Eric Van den Broele
Analyse par Eric Van den Broele

Director Research & Development, GraydonCreditsafe Belgium

Expert de la dynamique entrepreneuriale belge, des faillites et des données économiques. Il analyse depuis 35 ans les évolutions du tissu économique belge.

Comment se déroule une faillite en Belgique ?

Une faillite est prononcée par le tribunal de l’entreprise. La procédure précise peut varier selon les circonstances, mais elle se déroule généralement en plusieurs étapes.

  1. Déclaration ou demande de faillite

    Une entreprise qui se trouve en état de faillite doit, en principe, en faire la déclaration dans un délai d’un mois. La procédure peut également être introduite par un ou plusieurs créanciers, le ministère public ou, dans certaines situations, d’autres parties légalement habilitées.

  2. Le tribunal de l’entreprise prononce la faillite

    Le tribunal vérifie si les conditions légales sont remplies. Si c’est le cas, il prononce la faillite et désigne un curateur. Celui-ci est chargé de la gestion et de la liquidation de la masse faillie, sous le contrôle du tribunal de l’entreprise.

  3. Les créanciers déclarent leur créance

    Les créanciers qui souhaitent pouvoir bénéficier d’une éventuelle répartition doivent déclarer leur créance. Les dossiers de faillite sont gérés numériquement via le Registre Central de la Solvabilité (RegSol). Cette plateforme permet notamment aux parties concernées de déclarer leurs créances et de suivre les dossiers auxquels elles ont accès.

  4. Les actifs sont liquidés et le produit est réparti

    Le/la curateur/-trice dresse l’inventaire des actifs et des dettes et réalise les actifs lorsque cela s’avère nécessaire. Le produit disponible est ensuite réparti entre les créanciers selon les règles et l’ordre de priorité prévus par la loi. Les créanciers privilégiés et les créanciers disposant de certaines sûretés sont prioritaires par rapport aux créanciers ordinaires ou chirographaires. Il n’existe donc aucune garantie que chaque créancier récupère l’intégralité de sa créance.

  5. La faillite est clôturée

    Lorsque les actifs ont été liquidés et que les autres opérations ont été menées à leur terme, le tribunal de l’entreprise peut clôturer la faillite. Pour les personnes physiques, des règles spécifiques prévoient l’effacement des dettes restantes sous certaines conditions, permettant ainsi un nouveau départ.

EN BREF : Déclaration ou demande > Jugement du tribunal de l’entreprise > Déclaration des créances > Liquidation et répartition > Clôture

Une faillite ne signifie pas nécessairement la fin

Une faillite est souvent exclusivement associée à un échec. Cette vision est pourtant trop réductrice. Entreprendre implique par définition de prendre des risques et les difficultés financières peuvent avoir des causes très diverses. Une évolution du marché, la perte d’un client important, des impayés, une forte hausse des coûts ou une crise économique peuvent mettre sous forte pression même une entreprise viable.

Le droit belge de l’insolvabilité a lui aussi évolué au fil des années. L’accent n’est pas exclusivement mis sur la liquidation des entreprises qui ne sont plus viables. Lorsqu’un redressement reste possible, il existe des procédures visant à préserver, totalement ou partiellement, la continuité de l’entreprise ou de ses activités.

La réforme du droit de l’insolvabilité en 2018

Le droit belge de l’insolvabilité offrait déjà, avant 2018, des possibilités de réorganiser les entreprises en difficulté et, lorsque cela était possible, de préserver leur continuité. La réforme du 1er mai 2018 s’est inscrite dans cette évolution et a regroupé les différentes règles relatives à l’insolvabilité dans le Livre XX du Code de droit économique.

Le droit de l’insolvabilité établit ainsi une distinction entre les situations dans lesquelles un redressement reste possible et celles dans lesquelles une faillite est inévitable. Une procédure de réorganisation judiciaire peut, par exemple, permettre à une entreprise en difficulté de poursuivre tout ou partie de ses activités grâce à un accord avec ses créanciers ou à d’autres mesures.

Parallèlement, le champ d’application a été considérablement élargi. Depuis lors, les procédures d’insolvabilité s’appliquent non seulement aux sociétés commerciales classiques, mais aussi, entre autres, aux professions libérales, aux ASBL et aux fondations.

La possibilité d’un nouveau départ

Même lorsqu’une faillite ne peut plus être évitée, elle ne signifie pas nécessairement la fin définitive pour l’entrepreneur. Pour les personnes physiques déclarées en faillite, la loi prévoit, sous certaines conditions, la possibilité d’être libérées des dettes restantes après la faillite.

Cette possibilité d’effacement des dettes s’inscrit dans le principe de la seconde chance : un entrepreneur qui fait faillite doit, sous certaines conditions, pouvoir prendre un nouveau départ sans rester indéfiniment accablé par les dettes subsistant après la faillite.

Une faillite reste évidemment un événement lourd de conséquences pour l’entrepreneur, les travailleurs, les clients, les fournisseurs et les autres créanciers. Mais elle ne constitue pas un jugement sur l’entrepreneur lui-même. Le droit de l’insolvabilité cherche dès lors à concilier différents intérêts : protéger les créanciers, préserver les activités viables lorsque cela est possible et permettre un nouveau départ lorsque les circonstances le justifient.

Quelles sont les principales causes d’une faillite ?

Une faillite a rarement une seule cause clairement identifiable. Elle résulte souvent d’une combinaison de problèmes financiers, de choix opérationnels ou stratégiques et de circonstances externes. Ces difficultés peuvent en outre se renforcer mutuellement et conduire progressivement une entreprise à une situation dans laquelle elle n’est structurellement plus en mesure de payer ses dettes exigibles.

Causes financières

Un manque de liquidités constitue l’une des menaces les plus directes pour la continuité d’une entreprise. Parmi les causes possibles figurent une baisse du chiffre d’affaires ou de la marge bénéficiaire, un endettement élevé, un fonds de roulement insuffisant, une hausse des coûts de financement, des pertes structurelles ou encore des clients qui paient tardivement ou pas du tout.

Même une entreprise rentable peut rencontrer des difficultés lorsqu’elle ne dispose pas de suffisamment de liquidités pour honorer ses obligations dans les délais.

Causes opérationnelles et stratégiques

Les décisions de l’entreprise et les problèmes opérationnels peuvent également accroître sa vulnérabilité. Une croissance trop rapide, des investissements insuffisamment rentables, une forte dépendance à l’égard de quelques clients ou fournisseurs, un modèle d’entreprise inadapté ou un contrôle insuffisant des coûts et des flux de trésorerie peuvent notamment fragiliser l’entreprise.

Des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, des problèmes de production, le départ de collaborateurs ou la perte d’un fournisseur important peuvent également exercer une pression sur les activités et les revenus.

Circonstances externes

Une entreprise n’opère pas en vase clos. Les récessions économiques, l’inflation, la hausse des taux d’intérêt, les conflits géopolitiques, les fortes fluctuations des prix de l’énergie et des matières premières, les modifications de la réglementation ou encore des crises imprévues peuvent affecter sa situation financière.

L’ampleur de l’impact de tels chocs dépend notamment des réserves financières, du niveau d’endettement, des flux de trésorerie et de la résilience de l’entreprise.

La fraude peut être à la fois une cause et une conséquence

La fraude peut également jouer un rôle. En cas de fraude criminelle, une entreprise peut être délibérément créée ou utilisée pour obtenir des biens, de l’argent ou d’autres actifs sans intention de respecter les obligations contractées. Une faillite peut alors faire partie d’un scénario frauduleux.

En cas de fraude de liquidité, cette intention n’est pas nécessairement présente au départ. De graves difficultés financières peuvent, par exemple, conduire à soustraire de l’argent, des biens ou d’autres actifs de l’entreprise.

Une réaction en chaîne se produit souvent

Dans la pratique, ces causes sont rarement isolées les unes des autres. Une baisse du chiffre d’affaires peut peser sur les marges et les flux de trésorerie, entraînant des retards de paiement aux fournisseurs et rendant l’obtention de financements supplémentaires plus difficile. Les impayés de clients ou un choc externe inattendu peuvent encore accentuer cette pression.

Une faillite se développe donc souvent progressivement : différents problèmes s’accumulent et se renforcent mutuellement.

Quels signaux peuvent indiquer un risque accru de faillite ?

Une faillite survient rarement sans aucun signe avant-coureur. Des changements sont souvent perceptibles au préalable dans la situation financière, le comportement de paiement, la structure de l’entreprise ou d’autres caractéristiques de celle-ci. Ces signaux peuvent indiquer un risque accru, mais doivent toujours être évalués dans leur contexte.

Parmi les signaux d’alerte potentiels figurent notamment :

  1. Une détérioration du comportement de paiement

    Lorsqu’une entreprise paie systématiquement ses factures plus tard et que les délais de paiement s’allongent progressivement, cela peut indiquer des problèmes de liquidité croissants.

  2. Une diminution des liquidités et des flux de trésorerie

    Une baisse persistante des liquidités, des flux de trésorerie opérationnels négatifs ou un manque structurel de fonds de roulement peuvent indiquer qu’une entreprise éprouve de plus en plus de difficultés à honorer ses obligations à court terme.

  3. Une augmentation de l’endettement et une diminution des fonds propres

    L’endettement ne constitue pas un problème en soi. Le risque augmente lorsque les dettes progressent plus rapidement que la capacité de remboursement, tandis que les pertes réduisent simultanément les réserves financières.

  4. Des changements notables au niveau de la direction ou de la structure de l’entreprise

    Les changements de dirigeants, les modifications de l’actionnariat ou un changement de siège social sont des événements normaux dans la vie d’une entreprise. Toutefois, de nombreux changements sur une courte période, combinés à d’autres évolutions négatives, peuvent justifier un examen plus approfondi.

  5. La publication tardive des comptes annuels

    Une publication tardive peut avoir une cause administrative. Des retards répétés prennent davantage de sens lorsqu’ils s’accompagnent d’autres signaux négatifs.

  6. Des événements juridiques et autres événements négatifs

    Les saisies, citations en justice, procédures d’insolvabilité et autres événements officiels peuvent fournir des informations pertinentes sur d’éventuels problèmes financiers ou opérationnels.

  7. Une détérioration du score de crédit

    Une baisse du score de crédit peut indiquer une évolution du profil de risque d’une entreprise. Une détérioration soudaine ou persistante mérite tout particulièrement l’attention.

Examinez l’ensemble, pas juste un seul signal

Aucun de ces signaux ne permet, à lui seul, de prédire une faillite. C’est surtout la combinaison de différentes données et leur évolution dans le temps qui permet de mieux identifier un risque accru.

Un changement de direction au sein d’une entreprise financièrement saine ne constitue, par exemple, pas nécessairement une source d’inquiétude. Ce même changement prend une autre signification lorsque l’entreprise paie parallèlement ses factures de plus en plus tard, que son endettement augmente, que ses fonds propres diminuent et que son score de crédit se détériore.

C’est pourquoi un contrôle ponctuel ne suffit souvent pas. En analysant conjointement les données financières, le comportement de paiement, les données de l’entreprise, les événements juridiques et d’autres indicateurs pertinents, et en suivant leur évolution dans le temps, vous obtenez une vision plus complète de la santé financière et de la résilience d’une entreprise.

Faillites - Examinez l’ensemble, pas juste un seul signal

Que signifie la faillite d’un client ou d’un fournisseur pour votre entreprise ?

Une faillite affecte rarement uniquement l’entreprise déclarée en faillite. Les clients, fournisseurs et autres partenaires commerciaux peuvent eux aussi en subir les conséquences. L’ampleur de l’impact dépend notamment de la nature de la relation commerciale, des montants concernés et du degré de dépendance de votre entreprise à l’égard de la partie concernée.

La faillite d’un client important ou d’un fournisseur critique peut notamment provoquer une réaction en chaîne. Il est donc important de suivre la santé financière de vos clients, fournisseurs et autres partenaires commerciaux essentiels.

Que se passe-t-il si un client fait faillite ?

Lorsqu’un client fait faillite alors que certaines factures restent impayées, votre entreprise devient créancière. La possibilité de récupérer tout ou partie des montants dus dépend notamment des actifs disponibles et de votre rang dans l’ordre légal des créanciers.

L’impact peut toutefois être bien plus important que la perte liée à une seule facture. Des créances impayées importantes peuvent mettre sous pression vos propres flux de trésorerie et vos liquidités, tandis que vous perdez également des revenus futurs. Plus votre entreprise dépend d’un nombre limité de grands clients, plus ce risque est élevé.

La protection contre les impayés commence donc avant une éventuelle faillite. En évaluant au préalable la solvabilité de vos clients, en fixant des limites de crédit et des délais de paiement appropriés et en assurant le suivi de vos clients existants, vous pouvez limiter votre exposition au risque.

Que se passe-t-il si un fournisseur fait faillite ?

Dans le cas d’un fournisseur, le risque est différent. Votre entreprise n’a peut-être aucune somme à récupérer, mais elle peut soudainement être privée de produits, de matières premières ou de services essentiels. Les livraisons ou les processus de production peuvent alors être perturbés et la recherche d’une alternative à court terme peut entraîner des coûts supplémentaires.

Une forte dépendance à l’égard d’un seul fournisseur pour un produit critique ou un service essentiel constitue notamment un risque pour la continuité de votre entreprise. Identifiez donc vos fournisseurs critiques, suivez leur santé financière et examinez, lorsque cela est possible, les possibilités d’approvisionnement alternatives.

Regardez au-delà de votre risque financier direct

La faillite d’un partenaire commercial montre à quel point les entreprises sont interconnectées sur les plans financier et opérationnel. Les difficultés d’une entreprise peuvent se propager dans la chaîne par l’intermédiaire des relations avec les clients et les fournisseurs.

Une bonne gestion des risques tient donc également compte du risque de concentration, de la dépendance à l’égard de fournisseurs critiques et de l’évolution de la santé financière des partenaires commerciaux existants.

Comment évaluer le risque de faillite d’une entreprise ?

Grâce à des informations d’entreprise actualisées, vous pouvez réduire considérablement le risque d’être confronté de manière inattendue à la faillite d’un client ou d’un fournisseur. Les scores de crédit et autres indicateurs de risque combinent de grandes quantités d’informations financières et non financières et les traduisent en informations rapidement interprétables. Vous ne devez ainsi pas être vous-même un expert financier pour évaluer le profil de risque d’une entreprise.

La faillite d’une entreprise individuelle ne peut jamais être prédite avec une certitude absolue. Des modèles de risque avancés permettent toutefois d’identifier les entreprises présentant un risque accru et de détecter précocement une grande partie des faillites qui surviendront ultérieurement. Vous pouvez ainsi prendre des mesures préventives et limiter votre exposition à d’éventuels impayés ou défaillances.

Combinez différentes sources d’information

Une bonne évaluation des risques va au-delà d’un seul chiffre ou des derniers comptes annuels disponibles. Les données financières relatives à la liquidité, à la solvabilité, à la rentabilité, à l’endettement et aux fonds propres constituent une base importante, mais ne donnent pas une image complète.

Combinez-les donc avec des informations actualisées sur, entre autres, le comportement de paiement, la solvabilité, les événements juridiques, la structure de l’entreprise et d’autres évolutions pertinentes. Un score de crédit peut regrouper différentes données afin de fournir une évaluation du risque de crédit rapidement interprétable. Un rapport de crédit complète cette analyse avec les informations nécessaires pour évaluer le profil de risque plus large d’une relation d’affaires.

Vérifiez avant de vous engager et continuez à suivre l’évolution

La gestion des risques commence idéalement avant d’établir une nouvelle relation commerciale. Pour les clients, une vérification de solvabilité permet par exemple de déterminer des limites de crédit et des délais de paiement appropriés. Pour les fournisseurs, l’accent porte davantage sur leur santé financière et sur le risque qu’ils ne soient plus en mesure de respecter leurs obligations.

Une évaluation positive aujourd’hui ne constitue toutefois aucune garantie pour demain. En surveillant vos principaux clients et fournisseurs, vous pouvez détecter plus rapidement les changements dans leur situation financière ou leur profil de risque et, si nécessaire, adapter vos conditions ou vos décisions.

Combinez les informations d’entreprise avec vos propres connaissances

Les informations d’entreprise externes et les modèles de risque contribuent à étayer vos décisions commerciales, mais votre propre expérience reste précieuse. Les expériences de paiement, le comportement en matière de commandes, les contacts avec un client ou un fournisseur, les litiges en cours et d’autres changements constatés par vos collaborateurs peuvent compléter les informations externes.

En combinant les informations d’entreprise externes, vos propres données et votre expérience pratique, vous pouvez évaluer une entreprise sur la base d’une vision aussi complète et actuelle que possible.

Quelle est la différence entre une faillite et une dissolution judiciaire ?

Une faillite et une dissolution judiciaire peuvent toutes deux entraîner la disparition d’une entreprise, mais il s’agit de deux procédures juridiques différentes.

Dans le cas d’une faillite, c’est la situation financière de l’entreprise qui est au centre de la procédure. Une entreprise se trouve en état de faillite lorsqu’elle a cessé durablement de payer ses dettes et que son crédit est ébranlé. Le tribunal de l’entreprise prononce la faillite et désigne un curateur chargé de gérer le patrimoine de l’entreprise faillie.

Dans le cas d’une dissolution judiciaire, le tribunal de l’entreprise décide de dissoudre une société. Plusieurs raisons peuvent justifier cette décision. La procédure est notamment utilisée pour des entreprises qui ne respectent plus certaines obligations légales, mais elle est aujourd’hui également appliquée à des sociétés fantômes, des entreprises frauduleuses et certaines entreprises insolvables dépourvues d’actifs.

Cette distinction est essentielle pour interpréter correctement l’évolution des chiffres des faillites. Une entreprise confrontée à de graves difficultés ne disparaît en effet pas nécessairement à la suite d’une procédure de faillite. La forte augmentation du nombre de dissolutions judiciaires montre que d’autres procédures judiciaires jouent également un rôle croissant dans la disparition d’entreprises du tissu économique.

GraydonCreditsafe a étudié cette évolution sur la période 2000-2025. En 2025, 4.714 dissolutions judiciaires ont été prononcées en Belgique. Cette procédure représentait ainsi plus d’un quart de l’ensemble des cessations judiciaires d’entreprises.

Vous souhaitez en savoir plus ? Consultez notre étude Les dissolutions judiciaires connaissent une forte hausse, qui présente des chiffres et des analyses sur son évolution, les différences régionales, les sociétés fantômes et l’approche adoptée par les différents tribunaux de l’entreprise.

Questions fréquentes sur les faillites

Qui peut demander la faillite d’une entreprise ?

Une entreprise qui a cessé durablement de payer ses dettes et dont le crédit est ébranlé doit, en principe, déclarer elle-même sa faillite. Une procédure de faillite peut également être introduite par un ou plusieurs créanciers ou par le ministère public. Il appartient finalement au tribunal de l’entreprise de déterminer si les conditions légales de la faillite sont remplies.

Comment vérifier si une entreprise est en faillite ?

Les informations relatives aux faillites en Belgique sont publiées au Moniteur belge et enregistrées dans la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE). Le Registre Central de la Solvabilité (RegSol) est utilisé pour la gestion numérique des dossiers d’insolvabilité. Les rapports d’informations d’entreprise peuvent également combiner les informations relatives à une faillite avec d’autres données actualisées sur l’entreprise.

Combien de temps dure une procédure de faillite ?

Il n’existe pas de durée fixe pour une procédure de faillite. Une faillite relativement simple peut être clôturée plus rapidement qu’un dossier comprenant de nombreux actifs, créanciers, créances contestées ou procédures judiciaires en cours. Le curateur doit examiner les actifs et les dettes, réaliser les éventuels actifs et répartir le produit conformément aux règles légales avant que la faillite puisse être clôturée.

Un créancier récupère-t-il son argent en cas de faillite ?

Pas nécessairement. Le montant qu’un créancier peut récupérer dépend notamment des actifs disponibles et de son rang dans l’ordre légal des créanciers. Les créanciers bénéficiant de certains privilèges ou de certaines sûretés sont prioritaires par rapport aux créanciers ordinaires ou chirographaires. Lorsque les moyens disponibles sont insuffisants, un créancier peut ne récupérer qu’une partie de sa créance, voire ne rien récupérer du tout.

Un(e) entrepreneur(e) peut-il/elle recommencer après une faillite ?

Oui. Une faillite ne signifie pas nécessairement la fin définitive de l’activité entrepreneuriale. Pour les personnes physiques, le droit belge de l’insolvabilité prévoit, sous certaines conditions, l’effacement des dettes restantes. Le principe de la seconde chance doit permettre à un entrepreneur de reprendre une activité économique après une faillite.

Un mauvais score de crédit signifie-t-il qu’une entreprise va faire faillite ?

Non. Un score de crédit fournit une estimation du risque de crédit et ne constitue pas une prédiction avec une certitude absolue. Un score faible ou en détérioration peut toutefois justifier un examen plus approfondi. Le risque peut être mieux évalué en analysant conjointement différentes données financières et non financières et, surtout, en suivant leur évolution dans le temps.

Une entreprise qui rencontre des problèmes de paiement fait-elle automatiquement faillite ?

Non. Des problèmes temporaires de paiement ou de liquidité ne signifient pas automatiquement qu’une entreprise fera faillite. Pour qu’il y ait faillite, il doit y avoir à la fois une cessation persistante de paiement et un ébranlement du crédit. Une entreprise confrontée à des difficultés financières temporaires peut en outre disposer de possibilités pour redresser sa situation ou, si les conditions sont remplies, recourir à une procédure de réorganisation.


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