Plafond de verre en France en 2026 : seulement 32% de femmes dirigeantes dans les gouvernances d'entreprises

04/03/2026

En chiffres : ce qu'il faut retenir

  • 32% des postes de gouvernance occupés par des femmes (vs 68% pour les hommes)

  • 21% seulement dans les PME - le pire score toutes catégories confondues

  • 47% dans la Santé humaine - le seul secteur proche de la parité

  • 12% dans la Construction - le secteur le plus masculin

  • Le genre n'est pas un facteur prédictif du risque de défaillance d'entreprise

Chapter 1

Parité en entreprise : où en est réellement le plafond de verre en France ?

Répartition des dirigeants d'entreprise par genre

En 2026, les femmes restent largement minoritaires dans les instances de gouvernance des entreprises françaises. C'est le constat central d'une analyse menée sur 3,2 millions d'entreprises et plus de 5 millions de dirigeants personnes physiques sur la parité dans le monde dirigeant français.

Résultat : 32% des postes de direction sont occupés par des femmes, contre 68% par des hommes. Un écart de 36 points qui illustre, données à l'appui, que le plafond de verre en entreprise reste une réalité structurelle en France et non un phénomène marginal ou en voie de disparition.

Chapter 1

Représentation des femmes dirigeantes selon la taille d'entreprise : un plafond de verre variable selon les structures

Répartition des dirigeants d'entreprise par genre selon la taille d'entreprise

L'une des premières variables à examiner lorsqu'on analyse la parité dans les entreprises françaises est la taille de la structure. Les résultats révèlent une logique non linéaire, loin des idées reçues.

Taille d'entreprise

Part des femmes dirigeantes

TPE (Très Petites Entreprises)

32%

PME (Petites et Moyennes Entreprises)

21%

ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire)

26%

GE (Grandes Entreprises)

32%

Les PME affichent le plus fort déséquilibre, avec seulement 21% de femmes à leur tête. Ce chiffre s'explique par la nature des secteurs concernés (industrie, artisanat, BTP ) historiquement dominés par les hommes, et par des modes de transmission d'entreprise encore très masculinisés.

À l'inverse, TPE et Grandes Entreprises partagent le même score de 32%, mais pour des raisons opposées : dans les TPE, l'entrepreneuriat féminin individuel ou familial ouvre davantage de portes ; dans les grandes entreprises, les politiques de diversité et les obligations légales de gouvernance produisent un effet correcteur mesurable.

Les ETI, avec 26% de femmes dirigeantes, confirment que la taille seule n'explique pas tout. C'est la combinaison de la culture sectorielle, des mécanismes de cooptation et des politiques RH internes qui détermine réellement l'accès des femmes aux fonctions de direction.

Chapter 1

Femmes et titres de direction : plus le poste est prestigieux, moins elles y accèdent

Répartition par genre aux postes de direction en fonction du titre de poste

L'analyse par catégorie de mandat est peut-être la plus révélatrice. Elle met en évidence une hiérarchie de genre inversement proportionnelle au pouvoir : plus un titre confère d'autorité symbolique et décisionnelle, moins les femmes y sont représentées.

Les fonctions les plus accessibles aux femmes :

  • Co-gérante : 38%

  • Associée-gérante : 34%

  • Directrice générale : 30%

Ces postes, souvent construits dans un cadre familial ou partenarial, permettent un accès au pouvoir par co-construction plutôt que par sélection institutionnelle.

Les fonctions les plus fermées aux femmes :

  • Commissaire aux comptes titulaire : 13% de femmes

  • Présidente du conseil d'administration : 15%

  • Vice-présidente : 15%

  • Présidente : 20%

Ces rôles, qui concentrent légitimité juridique, réseau et capital symbolique, restent l'apanage quasi-exclusif des hommes. C'est précisément là que se jouent les cooptations et les légitimités de demain. Tant que ces cercles restent fermés, la parité en surface masquera une asymétrie de fond.

À noter : la catégorie "sans titre formellement renseigné" présente paradoxalement le ratio le plus favorable aux femmes (43%), suggérant qu'elles dirigent davantage de structures informelles ou récentes, moins intégrées dans les circuits de pouvoir traditionnels.

Chapter 1

Parité en entreprise par secteur d'activité : des écarts allant jusqu'à 35 points

Répartition des dirigeants d'entreprise par genre selon le secteur d'activité

Le secteur d'activité est le premier déterminant de la représentation féminine dans les fonctions de direction, bien avant la taille ou le statut juridique de l'entreprise.

Secteur

Part des femmes dirigeantes

Santé humaine et action sociale

47%

Activités financières et d'assurance

31%

Commerce et réparation automobile

26%

Activités spécialisées, scientifiques et techniques

26%

Industrie manufacturière

20%

Transports et entreposage

14%

Construction

12%

L'écart entre le secteur le plus paritaire et le plus masculin atteint 35 points de pourcentage, un gouffre qui illustre à quel point le secteur d'appartenance constitue un filtre déterminant dans les trajectoires de carrière féminines.

La Santé : le seul secteur où le plafond de verre est fissuré

Avec 47% de femmes dirigeantes, le secteur de la Santé humaine et de l'action sociale constitue l'exception remarquable de ce panorama. Ce résultat reflète une féminisation historique profonde des métiers du soin, une culture professionnelle moins hiérarchisée par le genre, et une démographie de diplômées majoritairement féminine depuis plusieurs décennies. Ce secteur préfigure ce que d'autres pourraient devenir dans dix à quinze ans à condition que la féminisation des formations se traduise enfin en féminisation des directions.

Construction et Transports : des bastions où le plafond de verre résiste

La Construction (88% d'hommes) et les Transports et entreposage (86%) affichent des chiffres quasi-caricaturaux. Il ne s'agit pas seulement d'une question de recrutement opérationnel : la masculinisation des métiers de terrain se perpétue jusqu'aux fonctions dirigeantes, révélant un problème culturel de fond que les quotas seuls ne suffiront pas à résoudre.

Le cas des Activités financières : mieux que sa réputation

Souvent perçu comme un bastion masculin, le secteur financier affiche pourtant le deuxième meilleur score féminin (31%). Les politiques de diversité des grands groupes et la tertiarisation des métiers produisent ici des effets tangibles — une leçon que d'autres secteurs pourraient utilement s'approprier.

Chapter 1

Défaillances d'entreprises : le genre n'est pas un facteur de risque

Répartition par genre des dirigeants d'entreprises impliqués dans une procédure collective

L'un des enseignements les plus significatifs de cette étude porte sur les procédures collectives. Sur les 2,38 millions de dirigeants impliqués dans une défaillance depuis janvier 2025, 78% sont des hommes et 22% sont des femmes.

Ce ratio reproduit presque exactement la répartition globale des genres dans les fonctions dirigeantes. La conclusion est sans appel : à exposition égale, le genre n'est pas un facteur prédictif de la défaillance d'entreprise.

Répartition par genre des dirigeants d'entreprises selon le type de procédure collective

Cette neutralité statistique se confirme quel que soit le type de procédure :

Procédure

Hommes

Femmes

Liquidation Judiciaire (LJ)

79%

21%

Redressement Judiciaire (RJ)

80%

20%

Liquidation Judiciaire Simplifiée (LJS)

75%

25%

Procédure de Sauvegarde (PDS)

77%

23%

Les vrais facteurs prédictifs du risque de défaut restent le secteur d'activité, la taille, l'ancienneté et la situation financière intrinsèque de l'entreprise … pas le genre de son dirigeant.

L’analyse des données est au cœur de l'expertise de Creditsafe. Notre système de cotation, le plus performant de notre secteur, comprend les mesures et techniques statistiques les plus avancées pour aider à déterminer la stabilité financière d'une entreprise.

Chapter 1

Ce que ces données impliquent pour les entreprises françaises

La sous-représentation féminine dans les fonctions dirigeantes est systémique. Elle traverse toutes les tailles d'entreprises, presque tous les secteurs, et tous les niveaux de la hiérarchie statutaire. Elle n'est pas le fruit d'un déficit de compétences — les chiffres sur les défaillances le prouvent. Elle est le produit d'une architecture invisible faite de normes, de réseaux et de représentations qui se reproduisent silencieusement.

Trois leviers concrets pour les organisations :

  1. Transparence des processus de sélection : rendre visibles et auditables les critères de nomination aux postes de gouvernance (conseil d'administration, commissariat aux comptes, présidence).

  2. Investissement dans les viviers féminins à haut potentiel : identifier et accompagner dès maintenant les profils susceptibles d'accéder aux fonctions les plus fermées.

  3. Approches sectorielles différenciées : là où la parité est quasi atteinte (santé), il s'agit de la consolider ; là où le déficit est structurel (BTP, transports), c'est un travail de transformation culturelle de fond qui s'impose.

Les entreprises qui anticiperont cette transition disposeront d'un avantage compétitif réel dans un marché des talents sous tension. La parité n'est plus seulement une question d'équité. C'est une question de performance organisationnelle et de résilience économique.

Méthodologie

Cette analyse est issue des bases de données Creditsafe, qui agrègent les informations légales et financières des entreprises françaises. L'échantillon couvre 3,20 millions d'entreprises et 5,17 millions de mandats dirigeants. La variable de genre est déterminée par la civilité déclarée (M / Mme) (seuls les dirigeants personnes physiques sont comptabilisés). Un même individu cumulant plusieurs mandats peut apparaître plusieurs fois dans les comptages, ce qui reflète la réalité des pratiques de gouvernance.

FAQ

Qu’est-ce que le plafond de verre en entreprise ?

La notion de “plafond de verre” désigne l’ensemble des barrières invisibles (culturelles, organisationnelles...) qui ont pour conséquence une sous-représentation des femmes aux postes de direction.

Quels secteurs montrent les plus fortes résistances au plafond de verre ?

La Construction (88% d'hommes dirigeants), les Transports et entreposage (86%) et l’Industrie manufacturière (80%) restent les secteurs où les gouvernances d’entreprises sont les plus masculinisées. 

Le genre du dirigeant (ou de la dirigeante) est-il un facteur prédictif de la défaillance d’entreprise ?

Non, le genre n'est pas un facteur prédictif de la défaillance d'entreprise. Sur les 2,38 millions de dirigeants impliqués dans une défaillance depuis janvier 2025, 78% sont des hommes et 22% sont des femmes, ce qui correspond presque exactement à la répartition globale des genres dans les fonctions dirigeantes

Dans quelle taille d’entreprise les femmes sont-elles les plus représentées aux postes de direction ?

Ce sont les TPE et les Grandes Entreprises qui ont le plus de femmes à leur tête (32%). A l’inverse, le PME sont les moins paritaires avec seulement 21% de femmes dirigeantes. Dans les ETI, on retrouve 26% de femmes aux postes de direction.