Étude du risque de défaillances en France au regard du Score Creditsafe ©

Etude réalisée par Thomas Bonte

5 min.
26/01/2023

Creditsafe a bâti un score qui a fait l’objet d’une étude approfondie en France mais également à l’international pour assurer sa cohérence. La dernière révision du modèle date de mai 2021. Elle prend en compte le risque de défaut de paiement sur les deux dernières années au regard de l’ensemble des informations détenues par Creditsafe (financières, juridiques, comportementales).

Pour rappel, le score est subdivisé en 7 modèles d’analyses qui répondent à des critères spécifiques : entreprises récentes, petites entreprises, moyennes entreprises, grandes entreprises, entités soumises à publication démontrant un « retard de bilan » (à 24 mois, la loi prévoyant la publication 6 mois après la clôture de l’exercice pour les entreprises répondant à cette obligation), unités non-soumises à publication et entrepreneurs individuels.

Le point d’étape (que nous effectuerons régulièrement) permettra aux partenaires et aux futurs partenaires de se faire une idée de la situation. Il sera donc découpé pour permettre de rendre compte le plus justement possible de cette répartition sans être trop détaillée. Cela étant granulairement possible en raison de l’étendue de la base disponible.

Chapter 1

Une situation nationale très contrastée

Du point de vue national, sur l’entièreté de la base contenant 11 948 022 siren actifs, le score médian est de 40 pour un risque modéré.  Il faut appréhender le fait que ce retour contient toutes les unités, y compris celles n’ayant pas de données financières par absence d’obligation, erreur administrative ou manque de transparence. Cela contient aussi également la population des entrepreneurs individuels soumis à forte versatilité notamment dans le commerce à l’heure actuelle.

La proportion du score de type modéré est de 48%. La population répondant à cette typologie de score est aussi une population qui est soumise à des informations impactantes comme des contentieux, des privilèges, des ordonnances ou des mouvements dans l’administration de l’entreprise ayant une signification d’un point de vue statistique sur le risque de défaut à 12 mois.

A l’heure actuelle 15% de la population répond à un risque avéré avec une coupure de la limite de crédit pour les mêmes raisons. Ce qui porte l’ensemble de la population soumise à un risque potentiel de 63%. Il faut prendre en compte que les facteurs externes et contextuels peuvent fortement influer le risque de défaillance sur une unité démontrant des fragilités par un biais ou un autre. La mise à jour des modèles visant à s’assurer de la cohérence et de la pertinence des informations dans le risque imputé.

Cela porte à l’inverse 34% des unités comme étant exsangues d’un risque statistique à 12 mois. Cela en raison, bien entendu, des informations détenues et remises à jour de manière très régulière pour ne pas dire quotidienne. 

11 948 022 siren actifs

Score médian : 40

Chapter 1

Des entreprises avec données financières moins exposées au risque

C’est un fait établi à notre niveau, l’absence de données financières pour des entités soumises à publication est un facteur qui accroit statistiquement le risque de défaut. Surtout sur les entreprises ayant une stature modérée.

Nous remarquons immédiatement que le score médian est au-dessus de la moyenne. Le nombre d’entités ayant un bilan à jour de moins de 24 mois est cohérent d’un point de vue statistique avec le roulement des mises à jour d’un point de vue légal ainsi que des éléments que nous recevons et traitons en direct par suppléance au circuit légal.

De fait, 61% des unités (avec obligation de publication ou non) ayant un bilan récent sont absentes d’un risque de défaut de paiement à 12 mois. Bien entendu, la protection statistique conférée par des données financières stables, la présence d’un groupe en structure capitalistique identifiée, l’absence d’évènements négatifs particuliers jouent beaucoup dans l’attribution par le système d’un score de ces tranches avec une faible exposition au risque.

Pour autant, malgré des données financières récentes et parfois avec l’attribution d’informations ou d’évènements statistiquement impactants sur le risque de défaut, 39% des 1 165 782 unités avec données financières sont identifiées comme présentant un risque modéré ou élevé de défaut de paiement. 

1 165 782 siren avec des données financières

Score médian : 53

Sur la population des entreprises avec données financières, c’est statistiquement la population la plus petite qui fait l’objet d’un risque plus élevé de défaut. Y compris sur la dernière année, les entreprises ayant moins de 20 000€ de capital social sont particulièrement soumises aux aléas.

1 046 478 très petites entreprises (<2M€)

Score médian : 52

Pour autant, sur la population ayant une stature de bilan ou un chiffre d’affaires inférieur à 2M€, qui représentent 1 046 478 (soit la majorité), la proportion de risque ouvert est de 42%. Pour une absence de risque discerné de 58%. Le score médian reflète cette situation à 53/100 ce qui correspond à un risque faible. 50% de la population étant en-dessous ou au-dessus de ce spectre. 

Les entreprises « moyennes » ayant une stature entre 2M€ et 10M€ représentent 82 660 unités avec un score médian de 71 soit un « risque très faible ». Cette population représentant 3 % de la population totale des unités avec données financières récentes.  De fait, 80% de la population présente à jour J une absence de risque statistiquement constaté. A l’inverse pour les mêmes raisons exposées plus haut, 19 % présente un risque statistique pour des raisons financières et/ou extra-financières. 

82 660 entreprises moyennes (2-10M€)

Score médian : 71

36 644 grandes entreprises (>10M€)

Score médian : 84

Cette proportion augmente statistiquement avec les unités légales ayant des données financières et présentant une stature supérieure à 10M€. 68% de la population représentant un « risque très faible » pour un cumul de 87% en absence de risque. Malgré tout, et malgré cette aspect statistique, 19% de la population des grandes entreprises françaises présente un risque statistique identifié pour diverses raisons. L’aspect financier entrant ici en ligne de compte. 

Chapter 1

L’absence de conformité comme signal d’un risque identifié

Il est indéniable que la population soumise à une obligation de publication (principalement les personnes morales de droit privé à responsabilité limitée) étant en retard de publication présente un risque particulier de défaut à 12 mois. Ainsi, 50% présente un risque modéré et 23% présente un risque élevé. Ce qui représente 73% de la population qui est aujourd’hui en concurrence de la population à jour.

Les raisons de cette absence peuvent être volontaires ou involontaires. Il y a des incidences administratives. Mais sur ce point, Creditsafe a mis en place une voie d’intégration des bilans des sociétés pour permettre de parer à cette situation en France.  Il n’y a donc pas, à notre niveau, de raisons qui amènent à la prolongation de la situation le cas échéant.

Aujourd’hui, cette population représente 11,67% de la population totale. 

1 394 804 en "retard de bilan"

Score médian : 32

Chapter 1

Une situation par secteur très disparate

Si l’on prend cette fois-ci la situation par secteur, en exclusion des entrepreneurs individuels, pour ne prendre uniquement que les personnes morales (y compris celles non soumises à publication ou « en retard de publication », nous sommes globalement sur une répartition de risque modéré. Cela en prenant en considération que les entreprises récemment crées entrent en ligne de compte et sont très versatiles. Pour autant elles représentent deux fois moins d’unités que les unités établies pour quasiment 5 % de la population.

Il est intéressant de remarquer que les secteurs impactés par les défaillances (et autres procédures collectives) sont parmi les secteurs dont le score médian est le plus bas. Il faut à ce titre faire remarquer une fois de plus que le score médiant implique que 50% des acteurs du secteur sont en-deçà de ce score. Le risque est donc avancé dans le commerce, la restauration, la construction et le transport à l’heure actuelle. De manière plus relative dans l’industrie manufacturière, la communication et la production d’électricité.

Score médian par secteur (hors EI)

La répartition du nombre de siren par tranche de score dans les secteurs du commerce, de la construction, de la restauration et de l’industrie donne un aperçu de l’équilibre qui repose derrière les scores médians exposés. Plus ce dernier est bas, plus la répartition de la population va sur une dimension de risque accrue. 

Nombre de siren par tranche de score et secteur

Ce retour ne doit pas aboutir à une prise de position large et sans discernement de la situation individuelle de chaque entreprise. Mais il a pour vocation de permettre de placer les entreprises sur l’échiquier et de comprendre la dynamique économique actuelle au regard du score Creditsafe ©. Il convient de toujours agir avec discernement dans les approches et décisions prises au quotidien. 

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